Ni pauvre

Minima sociaux : Des pistes pour améliorer l’existant mais pas pour une sortie effective de la pauvreté

L’Association des paralysés de France (APF) salue la qualité du rapport sur les minima sociaux remis hier au Premier ministre par le député Christophe Sirugue . L’APF, qui a participé à ces travaux, en a apprécié le contenu dépassionné bien loin des propos habituels sur l’assistanat dans un contexte où la France compte 8 millions de personnes pauvres.

Parmi les propositions, l’association souligne trois avancées en lien avec l’AAH mais regrette cependant qu’aucune proposition forte n’ait été émise concernant la revalorisation des minima sociaux ou sur les conditions inadaptées d’application de la restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (RSDAE) aux bénéficiaires de l’AAH.
Enfin, l’association rappelle que le véritable changement auquel aspirent les personnes en situation de handicap est la création d’un revenu personnel d’existence décent, dont le calcul serait déconnecté des ressources du conjoint, l’attribution sécurisée et l’octroi des droits connexes simplifié et automatisé.

L’APF apprécie que le rapport relève la spécificité des minima sociaux versés aux personnes en situation de handicap. L’AAH, notamment, n’est pas un minimum social comme les autres.
L’APF salue trois avancées pour les personnes en situation de handicap: l’attribution à titre définitif de l’Allocation adulte handicapé (AAH) pour les personnes dont le handicap est peu susceptible d’évolution, la continuité de la perception de l’AAH pour certains bénéficiaires au-delà de l’âge légal de la retraite et le rapprochement de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) de l’AAH. Ces mesures pourraient permettre dans l’immédiat de simplifier et de sécuriser les ressources des personnes en situation de handicap.
L’APF regrette cependant qu’aucune proposition forte n’ait été émise concernant la revalorisation des minima sociaux dont les montants sont situés très en dessous du seuil de pauvreté ou sur les conditions inadaptées d’application de la restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (RSDAE) aux bénéficiaires de l’AAH dénoncées par l’ensemble des associations représentatives des personnes handicapées.
L’APF restera vigilante sur l’application des mesures issues du rapport : sous couvert de simplification et d’équité, les personnes en situation de handicap ne doivent pas être les perdantes d’une réforme, notamment en termes de pouvoir d’achat ou d’accès à certains droits connexes.

Déjà, en novembre dernier, Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, retirait la mesure défavorable de modification du calcul de l’AAH du projet de loi de finances pour 2016 et orientait ce sujet dans le cadre d’un débat plus large traité par la mission parlementaire sur les minima sociaux confiée au député Christophe Sirugue. L’APF, était l’une des deux associations du monde du handicap impliquée dans le groupe de travail réuni depuis décembre 2015.

L’APF a été particulièrement active dans ces travaux et a largement défendu l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de handicap et de leur famille en préconisant la sortie, des allocations versées à ces personnes, d’une logique de minimum social. L’association a également revendiqué la création d’un revenu personnel d’existence décent, dont le calcul serait déconnecté des ressources du conjoint, l’attribution sécurisée et l’octroi des droits connexes simplifié et automatisé.

L’APF tient à rappeler que la récente revalorisation de l’AAH de 0,1% soit 81 centimes par mois constitue un camouflet pour plus d’un million de personnes en situation de handicap vivant sous le seuil de pauvreté avec l’AAH, ce constat est également valable pour les bénéficiaires de pension d’invalidité revalorisée dans des proportions quasi identiques après des années de gel. Cette revalorisation inacceptable et honteuse laisse les personnes en situation de handicap dans la précarité.

Si certaines pistes proposées par ce rapport sur les minima sociaux peuvent permettre d’améliorer partiellement la situation des personnes en situation de handicap, ce rapport n’ouvre malheureusement pas la voie vers une sortie effective de la pauvreté des personnes en situation de handicap.

Main basse du gouvernement sur les ressources des personnes en situation de handicap : Stop à l’indécence !

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Et pourtant, aujourd’hui, suite à une décision du gouvernement, plus de 200 000 personnes en situation de handicap vivant dans cette précarité risquent de perdre de 105 à 179 euros par mois !

Pour une poignée d’euros issus des intérêts sur livret (maximum 205 euros par an), le gouvernement est-il prêt à sacrifier des centaines de milliers de personnes en situation de handicap parmi les plus vulnérables ?

Deux mesures prévues au projet de loi de finances (PLF) pour 2016, si elles sont votées, vont venir aggraver considérablement les conditions de vie déjà précaires de plusieurs centaines de milliers de citoyens en situation de handicap.

La première mesure impactera directement la possibilité pour les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) de se voir octroyer des compléments de ressources pourtant indispensables à leurs besoins essentiels.
Le gouvernement a en effet inscrit la prise en compte des intérêts des livrets non soumis à l’imposition (livret A, livrets d’épargne populaire, livret jeune, PEL, CEL…) dans le calcul des ressources des bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH).
Un nouveau mode de calcul dont le résultat sera, pour ces personnes, l’exclusion de droits connexes : complément de ressources et majoration pour la vie autonome.*

Pour résumer : pour 205 euros par an maximum tirés des intérêts de leurs livrets, les personnes vont perdre entre 1 257 euros et 2 151 euros par an, sommes indispensables à leur « survie » alors que leur allocation est déjà inférieure au seuil de pauvreté !
Une mesure totalement inacceptable et indécente qui s’attaque aux ressources des plus démunis.

Deuxième mesure dangereuse prévue par le PLF : l’intégration du patrimoine et du critère de loyer excessif dans les critères d’éligibilité de l’aide personnalisée au logement (APL).
Une mesure d’économie déshumanisée prise sans mesurer l’impact sur les populations fragilisées, telles que de nombreuses personnes en situation de handicap, bénéficiaires d’une AAH, d’une petite pension d’invalidité ou du RSA.
La baisse ou le retrait de l’APL ajouterait une énième diminution du pouvoir d’achat, au risque de faire basculer ces personnes dans une précarité plus grande.

Ensemble, disons « Stop à l’indécence ! »
Aidez-nous à demander au gouvernement la suppression de ces mesures qui mettent en péril des centaines de milliers de personnes en situation de handicap et à travers elles notre modèle social, en signant cette pétition !

*L’AAH = 807€
Seuil de pauvreté évalué par l’Insee = 987€.
Le complément de ressources = 179,31 € par mois (a pour objectif de compenser l’absence durable de revenus d’activité des personnes handicapées dans l’incapacité de travailler)
La majoration pour la vie autonome (MVA) = 104,77 € par mois (permet aux personnes en situation de handicap vivant dans un logement de faire face aux dépenses que cela implique)

 Le lien : https://www.change.org/p/%C3%A9conomies-sur-le-dos-des-personnes-handicap%C3%A9es-stop-%C3%A0-l-ind%C3%A9cence?recruiter=86989121&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Journée internationale des personnes handicapées : L’APF lance une campagne d’appel au don sur la précarité : isolement.apf.asso.fr

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L’Association des paralysés de France (APF) lance ce mercredi 3 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, sa nouvelle campagne de collecte web. En cette fin d’année, l’APF souhaite rappeler qu’un million de personnes en situation de handicap vivent grâce à l’Allocation adulte handicapé (AAH) soit avec 800€ par mois maximum. Ces personnes vivent largement sous le seuil de pauvreté et font difficilement face aux nombreux frais quotidiens : augmentation du coût de la vie, déremboursement de certains médicaments, restes à charges importants pour les frais de santé, hausse du coût des mutuelles, etc. Ainsi, elles sont contraintes de faire des choix : se loger, se soigner ou se déplacer.

C’est pourquoi, l’APF lance une campagne Internet d’appel à la générosité du public sur isolement.apf.asso.fr afin d’aider les personnes en luttant contre l’exclusion et l’isolement des enfants et adultes en situation de handicap dans toute la France.

  • Un million de personnes en situation de handicap sous le seuil de pauvreté

Pour de nombreuses personnes, le handicap engendre une situation de grande pauvreté. En effet, les personnes ne pouvant pas ou plus travailler en raison de leur handicap ou d’une maladie invalidante bénéficient de l’AAH, de pensions d’invalidité ou de rentes ne leur permettant pas de vivre dignement. Trop souvent, elles doivent faire des choix pour pouvoir boucler leur fin de mois.

Ainsi, de nombreuses personnes doivent choisir entre se loger (difficultés pour trouver un logement adapté et coût important travaux d’aménagement du domicile), se soigner (déremboursement de certains médicaments, hausse du coût des mutuelles, franchises médicales, etc.) ou se déplacer (restes à charges très importants sur les fauteuils roulants, voitures adaptées onéreuses, etc.).

La conséquence de ces choix, c’est bien souvent l’exclusion des personnes en situation de handicap, de toute forme de vie sociale ; 20% d’entre elles souffrent d’isolement.

 

  •  Votre don, c’est notre force !

Pour lutter contre l’exclusion et briser l’isolement de ces personnes, l’APF fait appel à la générosité du public afin de mener des actions de proximité en faveur des enfants et adultes en situation de handicap dans toute la France : ateliers, groupes de parole, sorties, accompagnement vers l’emploi, aide juridique, lutte contre les discriminations.

Accueillir, accompagner, représenter les personnes en situation de handicap et leur famille sont les missions essentielles de l’APF.

 

L’association est membre du Comité de la Charte, organisme français de contrôle sur la transparence et l’utilisation des fonds des associations et fondations.

66% du montant des dons faits à l’APF sont déductibles de l’impôt sur le revenu (dans la limite de 20 % du revenu imposable).

 

Source : http://presse.blogs.apf.asso.fr/archive/2014/12/03/journee-internationale-des-personnes-handicapees